Contrat État-ONF : une responsabilité de l'État en attente
Cette situation d'incertitude prolongée n'est plus tenable. Les élus ont dû eux-mêmes réclamer un calendrier de travail pour un document qui relève pourtant de la responsabilité de l'État.
Une première réunion s'est tenue le 2 avril avec la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE), permettant enfin de disposer d'une base de discussion. Mais, le texte remis, placé sous embargo, n'a pas pu être diffusé ni débattu sereinement au sein des instances de notre fédération. Lors du bureau fédéral du 22 avril, la colère des élus s'est exprimée clairement : ils demandent désormais, officiellement, un document complet et diffusable, incluant des trajectoires financières et humaines précises. Sans cela, une mobilisation plus ferme n'est pas exclue. À ce stade, aucune vision claire de la politique forestière de l'État ne se dégage, ce qui apparaît inacceptable au regard des enjeux.
Cette absence de cap intervient alors même que s'ouvre la révision du programme national de la forêt et du bois (PNFB), qui arrive à échéance cette année et qui n'a lui non plus pas de calendrier précis ni d'axes de réunion programmés avec les parties prenantes. Pourtant, la forêt est au coeur des réponses aux défis contemporains : elle capte le carbone, contribue à la décarbonation de l'économie, alimente une filière économique de 400 000 emplois, soutient la biodiversité, régule le cycle de l'eau et participe à la prévention des risques naturels. Dans un contexte d'accélération du changement climatique, marqué par des crises sanitaires et des dépérissements inédits, l'adaptation des forêts n'est plus une option mais une nécessité stratégique.
Les élus locaux sont pleinement engagés pour maintenir une activité économique, préserver la cohésion sociale et assurer la gestion durable des forêts. Toutefois, l'État ne peut pas à la fois s'appuyer sur cet engagement et ignorer leurs attentes. Ce sentiment de mépris exprimé aujourd'hui fragilise la confiance indispensable à l'action collective. Le pays a besoin de stabilité, et la forêt constitue un levier majeur pour y contribuer. Encore faut-il lui donner un cadre clair et des moyens à la hauteur.
Communes forestières France réaffirme ainsi la nécessité de soutenir l'ONF, opérateur central du régime forestier, dont le rôle sera déterminant face aux bouleversements en cours. Les élus demandent la transmission d'un document complet, l'établissement d'un calendrier de négociation aboutissant à une signature lors du conseil d'administration de l'ONF le 24 juin, le maintien des effectifs et des financements, ainsi que l'absence de charges supplémentaires pour les communes.
Au-delà de ces demandes, c'est une trajectoire politique claire qui est attendue. Dans un contexte géopolitique et économique contraint, ni l'inaction ni l'attentisme ne sauraient constituer une réponse. Stabiliser la politique forestière, c'est contribuer à la stabilité du pays. Les élus sont prêts à assumer leur part ; ils attendent désormais que l'État prenne pleinement la sienne.
Publié le 06/05/2026




