Communiqué de presse - Les forêts brûlent. L'État doit être à la hauteur de l'enjeu
Communes forestières France sera pleinement aux côtés des communes sinistrées dans les semaines et les mois à venir afin de les accompagner et de porter leurs demandes. Mais une évidence s'impose : on ne pourra pas reconstruire éternellement, si on n'anticipe pas davantage.
Investir aujourd'hui ou payer demain
Chaque nouvel incendie rappelle le coût humain, économique et environnemental de l'inaction, sans compter les impacts sur la santé publique.
Investir dans la prévention n'est pas une dépense : c'est un choix de responsabilité. Les études montrent qu'1 euro investi dans la prévention permet d'éviter près de 29 euros* de dépenses liées aux dégâts et à la reconstruction.
Dans le contexte budgétaire actuel, réduire les moyens consacrés à la forêt serait une erreur. C'est précisément aujourd'hui qu'il faut investir davantage dans la prévention, l'adaptation des forêts, la gestion durable et l'accompagnement des collectivités.
Les forêts : nos meilleures alliées face à la chaleur
Les images, ces derniers jours sur les réseaux sociaux, révélant l'écart spectaculaire de température entre un espace artificialisé et un espace arboré montrent aussi à quel point les arbres et les forêts sont indispensables face au changement climatique. Les forêts rafraîchissent les territoires, stockent du carbone, protègent la biodiversité, préservent la ressource en eau, maintiennent les sols et fournissent une matière première renouvelable indispensable à la transition écologique.
Encore faut-il que ces forêts existent demain. Les laisser disparaître par manque d'anticipation serait un échec collectif. La forêt doit devenir une priorité nationale.
Il est temps que l'État passe de l'écoute à l'action
Depuis plusieurs années, Communes forestières France alerte sur l'accélération des risques : incendies de grande ampleur, crises sanitaires, sécheresses, tempêtes et dépérissements.
Face à cette multiplication des crises, notre Fédération porte une proposition : créer une cellule nationale d'anticipation dédiée à la forêt et à la filière bois, déclinée dans les territoires. À ce jour, cette proposition n'a toujours pas été mise en oeuvre.
L'État ne peut plus se contenter d'une écoute bienveillante. Il doit désormais mettre en place les outils permettant d'anticiper plutôt que de subir.
Cette cellule aurait notamment pour mission de :
- analyser les risques forestiers et leurs interactions ;
- construire des scénarios d'évolution des massifs forestiers ;
- anticiper l'évacuation, la valorisation et les flux de bois après crise ;
- définir les stratégies d'équipement et de prévention ;
- agréger les données nationales, régionales et locales pour éclairer les décisions ;
- capitaliser sur les retours d'expérience des territoires ;
- accompagner l'acculturation des populations aux risques.
Les élus ont besoin de ces éléments pour mettre en oeuvre les aménagements nécessaires.
L'État doit assumer ses responsabilités
Les élus des Communes forestières sont engagés chaque jour pour adapter les forêts au changement climatique, prévenir les risques et assurer une gestion durable de ce patrimoine.
Ils ne pourront pas relever seuls ce défi.
Parce que les forêts rendent des services essentiels à l'ensemble de la société, leur adaptation et leur renouvellement doivent relever d'un engagement durable de la Nation.
Communes forestières France appelle l'État à faire de la forêt une priorité politique, budgétaire et stratégique. Il ne s'agit plus seulement de réparer les catastrophes. Il s'agit enfin de les anticiper.
*Sources : notes p.2 de notre contribution à la stratégie nationale DFCI - mars 2025
Téléchargez le communiqué de presse du 8 juillet 2026
Publié le 08/07/2026




